Nouveau formulaire de signalement COVID-19 - Les citoyens qui sont témoins de comportements qui ne respectent pas les règles peuvent compléter le nouveau formulaire pour les cas non urgents.
Retour aux Actualités
16 juillet 2020

Aide de service en zone rouge : « J’y ai vu le meilleur de l’humain »

Propos recueillis par Suzanne Séguin, agente d’information Service des communications et des relations publiques

« Quand le Days Inn s’est vidé, que les résidents ont été transférés dans leur milieu de vie, ce moment-là a marqué la fin de mon séjour d’un mois comme aide de service. J’étais de retour chez moi. Soudain, je me suis pris à penser à eux. J’ai regardé ma conjointe et je lui ai murmuré : je m’ennuie… Je m’ennuie de mes résidents… … », se souvient avec émotion le directeur de police de Thérèse-De Blainville, pourtant habitué de vivre des situations similaires de par sa profession.

Francis Lanouette est l’un des 509 citoyens retenus ayant répondu à l’appel du CISSS des Laurentides pour soulager les travailleurs de la santé en manque d’effectifs dans les milieux de vie où résident les clientèles vulnérables. Cet homme se souviendra longtemps de la COVID-19 pour avoir offert son temps, mais surtout pour avoir vu, entendu et perçu le meilleur de l’humain dans cette aventure.

« J’étais en contact avec le Dr Éric Goyer [directeur de santé publique] et Alain Jutras [directeur adjoint à l’administration des programmes de santé publique] dans le cadre de mon travail quand j’ai compris l’ampleur des besoins du CISSS, précise le directeur de police de Thérèse-De Blainville, Francis Lanouette. J’ai senti l’appel, le besoin de contribuer personnellement pour une période prédéterminée. Il n’en fallait pas plus pour que, une fois mon nom donné, les ressources humaines valident mon intérêt à m’investir auprès des usagers, des résidents dans le besoin. » Nous étions fin mai, début juin alors que la courbe des nouveaux cas était en pente descendante.

Monsieur Lanouette a aussitôt reçu une formation spécifique d’une durée de six jours, offerte par une équipe constituée d’infirmières, d’infirmières auxiliaires et de préposés aux bénéficiaires (PAB). Étant donné son expérience professionnelle en mode intervention auprès de personnes vulnérables, il a été rassuré, car tout lui est apparu fort bien organisé. Sur le terrain, soit au Day’s Inn de Blainville en zone jaune et rouge, il était jumelé avec un PAB, un retraité, un éducateur spécialisé, un enseignant… tous venus prêter main-forte quelques semaines avant lui. « C’était rassurant et impressionnant de voir des gens issus de tous domaines confondus venir s’impliquer. Même si nous étions plusieurs, il est clair que l’aide manquait, partout. Au fond de moi, je me disais qu’on n’allait pas laisser seuls et en pleine crise ces aînés qui ont bâti le Québec. Il fallait aussi de la relève pour soutenir ceux toujours au front depuis trop de mois déjà.

J’espère avoir eu de l’influence comme j’en ai eu sur mon fils, futur infirmier, qui a donné son temps au CISSS de Laval. J’ai vu la beauté humaine, son meilleur côté, autant ces résidents confiants sachant leur sort entre nos mains, que ces travailleurs profondément au service de l’autre. J’ai entendu beaucoup de reconnaissance de l’aide apportée. Les résidents appréciaient le moindre petit geste comme un verre d’eau offert. C’était aussi très intéressant de les écouter se raconter, de constater l’ampleur de leurs expériences. C’était extraordinaire!

Les remerciements étaient au rendez-vous, tout le temps. On gagne parfois beaucoup plus à donner qu’à recevoir… Chez moi, je me suis découvert des forces ignorées. Si j’ai choisi la profession de policier, je me dis que c’est sans nul doute parce que mon cœur est ouvert à l’appel de mon prochain.

J’ai perçu une réelle connexion avec le résident. Je savais que je vivais là un moment privilégié. Quand je jouais aux cartes avec une dame, geste banal certes, mais ce temps partagé n’a pas de prix. Tu éprouves son bonheur. Tu vis l’instant présent avec elle. J’étais assis là et je ressentais que je lui faisais du bien. En parallèle, elle me faisait du bien aussi.

Comme citoyen, je tire une très riche expérience de ma petite participation. Comme chef de police, j’aimerais en profiter aujourd’hui et inviter la population : Si vous avez les conditions pour le faire et êtes en mesure de le faire, contribuez! »

-Francis Lanouette, directeur de la RIPTB

-30-

Source : Suzanne Séguin Agente d’information Service des communications et des relations publiques

Direction des affaires corporatives, des affaires juridiques et des communications

Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides